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Le Dr J prépare le terrain pour la prochaine génération de chiropraticiens noirs

Author: Nicole Taylor Date: Dec 18, 2020 Blogue
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Le mentorat, la clé pour soutenir les aspirants chiropraticiens noirs

Dr. Joel Kerr

Le Dr Joel Kerr, connu de ses patients et collègues sous le nom de Dr J (description de la photo : le Dr J regardant l’objectif)

Le Dr Joel Kerr, aussi connu sous le nom de Dr J, a fait l’expérience du pouvoir puissant du mentorat. Son parcours en chiropratique a commencé quand il a fait la connaissance de son mentor à 17 ans. « En voyant un chiropraticien noir réussir, explique-t-il, je me suis dit que si cet homme pouvait le faire, je pouvais le faire aussi. »

Jusqu’alors, le Dr J avait été confronté à un racisme flagrant aux multiples facettes. En découvrant la chiropratique à 17 ans dans le cadre d’un programme de mentorat d’été à l’Université de Toronto, il a voulu devenir lui-même chiropraticien. Mais après avoir revêtu ses plus beaux habits et être entré dans le bureau d’une chiropraticienne locale, son curriculum vitae en main, on lui a dit qu’il n’y arriverait pas. « Elle ne savait pas que j’avais de bonnes notes, dit-il. Elle ne savait rien de moi. Elle a simplement jugé que la chiropratique était trop difficile pour moi, d’après mon apparence. »

Puis, il a rencontré le Dr Christopher Morgan, un chiropraticien qui lui ressemblait. Après avoir vu son mentor améliorer la vie de tant de personnes, le Dr J a su qu’il avait trouvé sa voie.

Le Dr J est maintenant le propriétaire et le fondateur du Health Institute (THI), une clinique communautaire de Scarborough, en Ontario, qui a pour mission d’aider ses patients à bouger et à faire de l’exercice. Il encourage ses patients à adopter un mode de vie sain, selon le slogan « L’exercice est un médicament ». Il engage des chiropraticiens, des naturopathes, des physiothérapeutes, des conseillers en santé et des entraîneurs personnels africains et antillais, car il souhaite que son équipe représente la communauté dans laquelle elle exerce.

« Je veux que nos patients voient une personne qui leur ressemble. Ils sauront alors qu’il est possible d’adopter un mode de vie sain, dit-il. Notre communauté n’est pas très portée sur la prévention. Les patients viennent peut-être me voir pour des douleurs au cou, mais ils ont d’autres problèmes que nous pouvons résoudre : ne pas dormir, ne pas boire assez d’eau, ne pas bien manger, ne pas faire d’exercice. Nous remettons une prescription d’exercices à chaque rendez-vous. Dans mes consultations, personne ne vient me voir pour recevoir des soins passifs puis prendre la porte. Ça ne donne aucun résultat. »

L’espace de mentorat

Le Dr J décrit sa clinique comme un espace de mentorat où il encadre des étudiants du secondaire et des futurs professionnels de la santé. Tout en se concentrant sur les compétences pratiques, il aborde également les questions liées à la discrimination et à l’injustice sociale. Ces conversations se sont souvent inscrites dans la foulée du soutien accru au mouvement Black Lives Matters en 2020. Il utilise également son compte Instagram pour dénoncer les injustices et remettre en question les stéréotypes. « Nous encourageons le dialogue dans le cadre de ces conversations difficiles. Chaque milieu de travail devrait le faire. »

La Dre Cassandra Laleye est l’une de ses réussites en matière de mentorat. Elle a rencontré le Dr J il y a 11 ans et travaille maintenant avec lui au THI. Il l’a poussée à se dépasser dans de nombreux domaines, notamment en enrichissant sa formation en chiropratique et en s’assurant de faire entendre sa voie.

« La Dre Laleye n’est pas seulement une femme, dit-il; c’est une femme noire. Elle a donc deux défis à surmonter dans notre société. Je lui ai clairement fait comprendre qu’elle doit remédier aux remarques discriminatoires le plus rapidement possible. C’est la seule façon de mettre fin au racisme – nous devons continuer de discuter de ces enjeux. »

Le Dr J espère que davantage de Canadiens noirs chercheront des mentors qui leur ressemblent et deviendront à leur tour chiropraticiens. « Au sein de la communauté noire, on observe une dynamique étonnante : les gens n’aiment pas demander de l’aide, parce que c’est un signe de faiblesse, dit-il. Mais ce n’est pas le cas. Je ne serais pas arrivé là où je suis aujourd’hui sans mon mentor. »

Découvrez comment l’ACC favorise la diversité, l’équité et l’inclusion.

Dr. J and Nijayah

Le Dr J et sa fille, Nijayah Paris Kerr, dans sa clinique à Scarborough, en Ontario (Description de la photo : Le Dr J tenant sa fille dans ses bras. Ils sont tous deux debout devant le logo de sa clinique The Health Institute, à Scarborough, en Ontario).

Faire partie de la solution

Le Dr J a participé au webinaire des membres de l’ACC sur la diversité, l’équité et l’inclusion en novembre 2020. Lorsqu’on lui a proposé de s’adresser à ses collègues, il a su qu’il devait prendre part à la conversation.

« Nous n’avons vraiment pas besoin de plus de belles paroles, a-t-il déclaré. Nous avons besoin de résultats. Nous ne pouvons pas nous contenter de répéter les slogans de Black Lives Matters. Nous devons en parler, mais en même temps, nous ne devrions même pas avoir besoin de discuter de ces questions. Nous devrions simplement être capables de traiter tout le monde avec autant de respect et d’amour. »

Dans son discours percutant, le Dr J a mis l’accent sur la nécessité d’adopter un comportement inclusif et de préparer les jeunes à la réussite afin d’assurer l’égalité des chances pour tous.

« Il est important que nous comprenions le pouvoir que nous avons en tant que modèles, a-t-il dit. Peu importe l’apparence d’un enfant, ses activités, son odeur, ses vêtements… nous devons être capables de mieux accueillir tout le monde dans nos espaces. »

 

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