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Un chiropraticien homosexuel tire parti de son parcours difficile pour favoriser le changement

Author: Nicole Taylor Date: May 17, 2021 Blogue
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Dr Brett Lypchuk and his dog

Dr Brett Lypchuk et son chien

À l’approche de l’obtention de son diplôme du Canadian Memorial Chiropractic College (CMCC), le DBrett Lypchuk a remis en question son choix de carrière, en raison de ses craintes liées au fait d’être un chiropraticien homosexuel. Il avait toujours voulu aider les gens à se sentir au mieux de leur forme et avait travaillé avec assiduité pendant ses quatre années d’école de chiropratique, mais pourquoi remettait-il en cause tout ce pour quoi il avait travaillé si dur?

« Quelqu’un m’a fait un commentaire juste avant la remise des diplômes sur le fait que j’avais terminé mes exigences cliniques à l’école plus tôt que les autres parce que j’étais homosexuel et que j’avais été choisi pour contribuer aux efforts de sensibilisation liés à l’homosexualité », explique le Dr Lypchuk. Les commentaires de ce genre n’étaient pas rares. Cependant, celui-ci l’a marqué, lui donnant l’impression que les gens le considéraient uniquement comme « le gai », sans reconnaître tout le travail qu’il avait accompli pour atteindre ses objectifs. Il ignorait souvent ces micro-agressions, mais il admet qu’elles ont eu un impact sur ses rapports avec ses camarades de classe. Il essayait souvent de faire le « comique » en raison d’un manque d’assurance au début de son parcours de chiropraticien, et la personne qu’il montrait à l’école pour se faire accepter ne représentait pas qui il était vraiment.

Le Dr Lypchuk dit que son expérience n’était pas unique. En discutant avec d’autres étudiants homosexuels, il a appris que certains étudiants de sexe masculin, à différentes étapes de leur programme, avaient l’intention de ne pas travailler avec des personnes homosexuelles. Bien qu’il n’ait pas vécu ce genre de situation, il s’est naturellement tourné vers ses collègues féminines, se sentant mal à l’aise de demander à des hommes de travailler avec lui. Il s’agissait sans doute d’une peur inconsciente.

Le Dr Brett Lypchuk posant en tenue de hockey et tenant son bâton de hockey.

Le Dr Brett Lypchuk posant en tenue de hockey et tenant son bâton de hockey.

Après avoir obtenu son diplôme, il a voulu apporter des changements qui aideraient d’autres personnes comme lui à se sentir mieux acceptées. D’autres défis se sont présentés lorsqu’il a commencé à pratiquer à Calgary, en Alberta. Dans une ville de plus de 1,3 million d’habitants, il n’a pas pu trouver un seul autre praticien LGBTQ2S+.

Face à ce manque de représentation, il était difficile de se sentir à l’aise. « J’ai eu du mal à commencer ma carrière en essayant de cacher mon orientation sexuelle aux patients et aux employeurs, dit-il. J’avais peur d’être moi-même et cela nuisait à ma capacité d’offrir des soins de qualité, car je pensais sans cesse à la façon dont je devais me présenter à chaque personne. Dois-je me comporter différemment avec un homme très viril? Comment dois-je répondre à mes collègues lorsqu’ils me posent des questions sur ma petite amie (parce qu’ils tiennent pour acquis que je suis hétérosexuel)? C’était épuisant. Après seulement trois semaines de pratique, je ne savais plus du tout où était ma place dans la profession. J’avais l’impression de n’avoir personne à qui parler pour me comprendre. »

Pendant cette période en 2019, le Dr Lypchuk a appelé l’ACC pour partager ses expériences et l’a exhortée à renforcer l’équité dans la profession. Il sentait que les praticiens avaient besoin d’une plus grande représentation et d’une meilleure éducation sur la diversité.

Au lieu de se laisser abattre par ces interactions, il a décidé de suivre sa propre voie. Il a ouvert sa clinique dans le but de créer un espace inclusif où les patients de tous les horizons se sentiraient les bienvenus et en sécurité. Un an plus tard, il a été ravi de voir l’ACC lancer sa stratégie sur la diversité, l’équité et l’inclusion.

En décembre 2020, le Dr Brett Lypchuk s’est joint au groupe de travail national de l’ACC sur la diversité, l’équité et l’inclusion. Son mandat consiste à fournir des avis et des conseils pour rendre la profession plus accessible aux groupes qui, pendant longtemps, n’ont pas eu accès aux soins chiropratiques. « Les chiropraticiens ont besoin d’une voix forte comme celle de l’ACC pour soutenir la diversité dans la profession », indique-t-il.

« Il nous a fallu du courage et de la force pour nous montrer vulnérables, dit-il. Nous devons faire connaître nos expériences pour que les autres chiropraticiens apprennent de ceux qui se sentent sous-représentés. L’avenir serait plus radieux si chacun d’entre nous acceptait que nous ne sommes pas parfaits, que nous devons nous regarder en face et favoriser le changement dans nos vies. »

Trois mesures que les chiropraticiens peuvent prendre dès maintenant pour créer un espace inclusif

En tant que membre de la communauté LGBTQ2+, le Dr Lypchuk a mis en place des changements dans sa clinique pour s’assurer que les communautés marginalisées se sentent mieux accueillies.

1. S’assurer que les patients se sentent les bienvenus. Une enseigne arc-en-ciel accueille les patients lorsqu’ils entrent dans son bureau.
2. Créer des toilettes non genrées. Il a enlevé l’affichage sur les portes des toilettes de sa clinique – une toilette était réservée aux hommes, et l’autre, aux femmes – et l’a remplacé par un symbole non genré.
3. Mettre à jour les formulaires d’information pour permettre aux patients d’indiquer leurs pronoms préférés. Il va un peu plus loin en utilisant ses propres pronoms préférés (il/lui) lorsqu’il se présente aux nouveaux patients.

« Je suis un chiropraticien LGBTQ2+, dit-il, mais je suis aussi un homme blanc, ce qui me place dans une position privilégiée. Je dois encore m’interroger et réfléchir aux changements que je peux apporter à ma communauté pour aider les autres. Je dois me battre pour les personnes moins privilégiées. Je me bats pour elles, car j’ai trouvé ma propre force. »

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