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Le Dr David Peeace : Comment la chiropratique met la vérité et la réconciliation « en action »

Le coprésident de l’ICC, le Dr David Peeace, anime une séance sur l’humilité culturelle et la santé des Autochtones dans le cadre des soins chiropratiques au Congrès national et salon professionnel (NCT) de l’ACC, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, en mai 2026.

Dans ma province, la Saskatchewan, un événement marquant a récemment eu lieu : la commémoration du 150e anniversaire de la signature du Traité no 6.

Conclu en 1876 à Fort Carlton entre le gouvernement du Canada et les Premières Nations crie, assiniboine et nakota, ce traité comporte une disposition particulière que l’on ne retrouve pas dans les autres traités numérotés : la « clause du buffet à médicaments ». Celle-ci prévoyait le maintien d’une réserve de médicaments « au domicile de tout agent des Indiens » et est aujourd’hui interprétée comme l’un des fondements du droit aux soins de santé.

Pendant des décennies, le gouvernement fédéral a soutenu que cette disposition devait être interprétée de façon littérale. Toutefois, plusieurs décisions judiciaires ont confirmé l’intention initiale du traité : une obligation permanente de fournir aux peuples autochtones des soins de santé complets et gratuits.

Cet enjeu revêt une importance particulière dans le contexte de la vérité et de la réconciliation, puisque les Autochtones continuent d’éprouver des difficultés à accéder à des soins fondés sur les données probantes pour traiter leurs troubles musculosquelettiques (TMS). Au regard des inégalités en santé qu’ils subissent au quotidien, il est difficile de comprendre pourquoi ils n’ont pas accès aux soins chiropratiques.

Or, 150 ans plus tard, le sens de la clause du buffet à médicaments continue de faire l’objet de débats qui mobilisent des ressources qui pourraient plutôt être consacrées à un accès équitable aux soins.

C’est pourquoi je suis fier de participer aux activités de plaidoyer menées par le Caucus national des chiropraticiens autochtones (CNCA) et l’Association chiropratique canadienne (ACC). Qu’il s’agisse d’accompagner de nouveaux leaders ou de réclamer le rétablissement des soins chiropratiques dans le cadre du Programme des services de santé non assurés (SSNA), la défense d’un accès équitable aux soins demeure au cœur de nos priorités.

Nous en sommes également aux premières étapes de l’élaboration d’un sondage qui nous permettra de mieux comprendre comment la profession répond aux besoins des populations autochtones et de brosser un portrait national de cette réalité.

Parlant d’événements marquants, la Dre Jennifer Ward, coprésidente du CNCA, et moi-même avons animé ce printemps une séance sur l’humilité culturelle et la santé des Autochtones dans les soins chiropratiques lors du Congrès national et salon des exposants (CNSE) de l’ACC à Halifax.

Il s’agissait d’un jalon important pour la vérité et la réconciliation. Pour la première fois, deux chiropraticiens autochtones étaient invités à prendre la parole et à animer une séance lors de cet événement. J’ai alors déclaré à l’auditoire : « Voilà la réconciliation en action. »

Cependant, lorsqu’il est question de vérité et de réconciliation, notre travail ne s’arrête pas là. Ce n’est qu’une étape d’un long parcours.

Nous ne devons pas oublier que les soins de santé destinés aux peuples autochtones ne se sont pas développés dans un contexte neutre. Pendant des générations, les Autochtones ont été privés de leurs propres pratiques de guérison et contraints d’intégrer des institutions qui cherchaient à effacer leur culture et leur identité – et les répercussions se font encore sentir aujourd’hui.

Le cheminement vers la vérité et la réconciliation ne se limite ni à un événement ponctuel ni à une journée de septembre où l’on porte un chandail orange en prononçant quelques paroles convenues. Il exige de faire face à des réalités parfois inconfortables, de comprendre un passé douloureux et d’en tirer la volonté d’agir.

Cela peut prendre différentes formes :

  • Défendre un accès équitable aux soins.
  • Accompagner des collègues et des étudiants autochtones.
  • Apprendre à mieux connaître l’histoire du territoire et des peuples que l’on sert.

Le CNCA et l’ACC poursuivront leurs efforts dans cette voie, car nous comprenons que la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation n’est pas une simple case à cocher, mais bien un appel à l’action qui doit se traduire par un engagement continu. Je suis fier d’être chiropraticien, car notre profession s’efforce d’offrir des soins qui respectent à la fois les cultures et les communautés.

Miigwech.

Dr David Peeace, coprésident du CNCA


L’ACC reconnaît la culture et l’histoire des membres des Premières Nations, des Métis et des Inuits de tout le Canada, ainsi que leur présence durable et dynamique et leurs droits inhérents sur les territoires traditionnels où vivent et travaillent des membres de l’ACC et où est établi son siège social à Toronto.

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